Comment détecter la souffrance au travail ?

On appelle cela les RPS : Risques Psycho Sociologiques. Ils sont l’expression d’un profond mal-être au travail qui n’épargne aucun niveau ou statut , ni aucun secteur d’activité interne à l’entreprise. Les représentants CHSCT/CSE  se doivent d’être avertis, déterminés, car ils peuvent agir efficacement.

Les RPS, qu’est-ce que c’est ?

Selon l’INRS (1), les risques psychosociaux (RPS) correspondent à des situations de travail où sont présents, combinés ou non :

  • Du stress : déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes de son environnement de travail et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour y faire face ;
  • Des violences internes commises au sein de l’entreprise par des salariés : harcèlement moral ou sexuel, conflits exacerbés, etc. ;
  • Des violences externes commises sur des salariés par des personnes externes à l’entreprise : insultes, menaces, agressions, etc.

Ces risques peuvent être induits par l’activité elle-même ou générés par l’organisation et les relations de travail.

Reconnaître les signaux d’alerte

 Il n’existe pas de liste exhaustive des signes qui doivent attirer l’attention en cas de souffrance au travail. Cependant, certains comportements des personnes ou des collectifs sont de bons indicateurs d’un véritable mal-être au travail :

  • Changement de comportement : agressivité nouvelle, irritabilité, tristesse, conflits avec le reste de l’équipe, avec un collègue ou un manager, etc.
  • Signes psychosomatiques : salariés souffrant soudain de troubles du sommeil, brûlures gastriques, hypertension, troubles musculosquelettiques, etc.
  • Désinvestissement au travail : taux d’absentéisme important, baisse de motivation, difficulté à rendre le travail dans les délais fixés, présence du salarié à son poste de travail à des heures tardives, etc.
  • Compensation : salariés démotivés surinvestissent le sport, démarches pour changer de travail, etc.

Attention ! Si certains signes ne trompent pas, il est parfois difficile de distinguer une réelle situation alarmante de stress ou de souffrance au travail d’une mauvaise humeur ou encore d’un problème personnel. La liberté du dialogue entre salariés et membres du CHSCT/CSE est donc ici primordiale.

Le rôle du CHSCT/CSE

Le CHSCT/CSE doit savoir rester dans son rôle en cas de suspicion de souffrance d’un salarié. Les représentants se doivent bien entendu d’en informer l’employeur, qui est le seul à pouvoir entamer des démarches, en vue par exemple d’identifier toute forme de harcèlement managérial ou tout risque organisationnel.

Au niveau du salarié, le CHSCT/CSE doit rapidement l’orienter vers un professionnel de la santé comme le médecin du travail, le médecin traitant ou vers d’autres acteurs compétents tels que l’Inspection du travail ou les organisations syndicales, notamment en cas de situation de harcèlement.

A SAVOIR : Les salariés peuvent solliciter eux-mêmes leur médecin du travail et ne pas se contenter souvent d’attendre la convocation à leur visite périodique tous les 2 ans ou 4 ans.

Faire appel à un expert

Si les situations de stress et de souffrance au travail semblent chroniques et que, malgré les éventuelles mesures de prévention prises par l’employeur, le mal-être des salariés reste perceptible voire croissant, le CHSCT/CSE peut faire appel à un expert conformément à l’article L4614-12 du Code du travail.


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