Brown-out ou « la perte de jus »

Voici que faire face au brown-out, une nouvelle pathologie du travail dont le journal Le Monde a parlé pour la première fois en 2016.

Définition du brown-out

En anglais, brown-out, est une coupure d’électricité, une chute de tension, une panne de courant.

La traduction qui convient de brown-out, c’est « manque de jus ». Un salarié ainsi atteint est un salarié qui n’a plus aucune énergie pour faire ce qu’il fait, pour la bonne et simple raison qu’il ne donne plus aucun sens à sa tâche, voire qu’il considère sa tâche comme étant à l’opposé de ce qu’il conviendrait de faire, selon lui.

Plusieurs sociologues et anthropologues, dont David Graeber qui évoquait le « phénomène des jobs à la con », se sont penchés sur la question des nouveaux emplois « inutiles ». Selon eux, nombre d’emplois (de bureau essentiellement) ont été créés à cause des nouvelles méthodes de communication ou technologiques, mais les personnes qui les occupent ont le sentiment d’être inutiles ou, en tout cas, ne comprennent pas la valeur de leurs tâches. Dans des structures de plus en plus gigantesques aux organigrammes à rallonge, et dans lesquelles personne n’a jamais croisé « le grand patron », l’employé se sent perdu, désespérant de voir son poste jouer un véritable rôle. Son travail perd son sens, il est atteint de brown-out.

Détection du brown-out

Il y a des secteurs dans l’entreprise particulièrement touchés par le brown-out, en particulier les ressources humaines et les domaines financiers. Rien d’étonnant à ce qu’un manager qui touche une prime chaque fois qu’il fait des coupes budgétaires ou licencie un salarié ait du mal à trouver du sens à son travail.

On assiste alors à un véritable sentiment d’écartèlement, entre le bénéfice retiré (salaire régulier, primes) et le sentiment de mener des tâches contre-productives et vides de sens. Contrairement au bore-out, épuisement par l’ennui, ou au burn-out, épuisement car les tâches ne sont jamais terminées par l’amplitude et la pression subit, le brown-out, lui, laisse le salarié tout à fait alerte et capable. Seulement, son travail est absurde et il perd toute motivation.

Symptômes du brown-out

La perte de motivation est donc le symptôme numéro 1 du brown-out. Le salarié traîne, louvoye, procrastine, refuse de s’investir, s’ennuie en réunion. Il ne manifeste aucun intérêt pour ce qu’il fait, même s’il y passe du temps. Il a l’impression de s’être perdu en chemin, et ne sait même plus quelle orientation donner à sa carrière.

Finalement, même sa vie familiale et sa vie sociale finissent par pâtir de ce désintérêt pour la vie professionnelle. Ce désintérêt se manifeste aussi par un absentéisme important et régulier : si avant, un rhume ne l’empêchait pas de venir au travail, désormais il enverra un certificat d‘arrêt de travail. D’ailleurs, un salarié en brown-out a tendance à tomber davantage malade.

Brown-out : que faire ?

La meilleure chose à faire est d’en parler à son manager. Il se peut qu’un changement d’attitude permette de juguler le mal.

Bien souvent les personnes souffrant de brown-out sont aptes à entamer une reconversion professionnelle. Là, un accompagnement est nécessaire et efficace. Le plus souvent, le brown-out se traduit par un départ du poste de travail, avec un changement interne dans l’entreprise afin de se remobiliser sur d’autres mission pérenne.

Malheureusement, cela peut être aussi une démission ou une demande de rupture conventionnelle.


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